2022-09-08 04:57 Temps de lecture : 19 min

Qu'est-ce que c'est et pourquoi devriez-vous vous en soucier ?

Le codage écologique représente une approche novatrice et pérenne pour la sauvegarde de notre environnement. Il met en avant la création d'algorithmes informatiques qui exigent une consommation énergétique minimale.

Il n'est plus un secret que les centres de données, utilisés par les entreprises pour héberger leurs services, requièrent une quantité considérable d'énergie pour fonctionner.

En effet, l'énergie consommée par les centres de données à l'échelle mondiale représente environ 1 % de la demande totale en électricité.

Alors que de nombreuses entreprises consacrent du temps et des ressources financières pour optimiser la puissance et l'efficacité de leurs sites web sans prendre en compte leurs émissions carbone, d'autres choisissent le codage écologique pour leurs logiciels et services.

Par exemple, Amazon Web Services prévoit d'alimenter toutes ses opérations avec de l'énergie 100 % renouvelable d'ici 2025. De même, Google s'est fixé un objectif ambitieux : alimenter tous ses centres de données avec de l'énergie sans carbone d'ici 2030.

Avec l'expansion croissante de la numérisation, l'utilisation des centres de données va inévitablement augmenter. Il est donc primordial d'alimenter ces centres avec de l'énergie renouvelable et sans carbone, tout en réduisant l'énergie nécessaire au fonctionnement des sites web.

Les entreprises peuvent y parvenir en adoptant les principes du codage écologique, qui guident les ingénieurs logiciels dans la création de code optimisé en termes d'efficacité énergétique.

Explorons le concept du codage écologique et les méthodologies que les entreprises doivent mettre en place pour réduire leur consommation d'énergie.

Qu'est-ce que le codage écologique ?

Le terme "codage écologique" a gagné en popularité auprès de diverses organisations soucieuses de la préservation de l'environnement. Il permet aux programmeurs et aux développeurs de logiciels de concevoir un code ou des algorithmes informatiques qui consomment le moins d'énergie possible.

Les ingénieurs logiciels doivent prendre en compte deux aspects lors de la création de tels algorithmes :

  • Les considérations structurelles : il s'agit des mesures énergétiques liées aux blocs de code.
  • Les considérations comportementales : il s'agit de la consommation d'énergie liée aux scénarios d'utilisation, comme consulter Twitter ou envoyer un email.

Au lieu de mettre en œuvre des principes radicalement nouveaux, les ingénieurs logiciels cherchent à équilibrer fonctionnalité et consommation énergétique lors de l'écriture et de la conception de code. Chaque ligne de code étant analysée, l'appareil utilisé pour ce traitement contribue aux émissions carbone. Plus un appareil traite de code, plus ces émissions augmentent.

Les pratiques du codage écologique encouragent un codage allégé, nécessitant un minimum de traitement pour un résultat similaire. Pour respecter l'environnement, les développeurs de sites web privilégient des médias de haute qualité avec des fichiers de taille réduite, permettant aux utilisateurs de bénéficier de temps de chargement minimaux.

De plus, le codage écologique aide non seulement les entreprises à réduire leur consommation énergétique, mais aussi à améliorer leur durabilité et leur référencement. En réduisant la résolution des images à l'écran, les développeurs gagnent du temps de travail, contribuant ainsi à un avenir informatique plus écologique.

De nombreuses entreprises spécialisées dans la transformation numérique proposent des formations sur les pratiques du codage écologique à tous les niveaux.

L'adoption de serveurs plus écologiques est essentielle pour réduire la consommation d'énergie. Les entreprises peuvent économiser l'énergie dans les centres de données en utilisant des serveurs virtuels. La conteneurisation, une évolution de la virtualisation, est une autre option intéressante.

Comment un grand nombre de lignes de code peut-il nuire à l'environnement ?

Le code est simplement la programmation réalisée par les ingénieurs ou les développeurs de logiciels pour concevoir et développer des logiciels. Le code d'un développeur peut être élégant, complexe, redondant ou concis.

Certains logiciels nécessitent un espace important sur le disque dur de l'ordinateur et de fortes ressources informatiques. Cela est dû à un grand nombre de lignes de code et de fonctions inutiles utilisées dans le développement.

Les processeurs effectuent alors plus de calculs que les logiciels simples pour obtenir le résultat, consommant davantage d'énergie et générant plus d'émissions carbone.

De nombreuses organisations s'efforcent donc de réduire les lignes de code lors de la création de programmes, dans le but de mettre en œuvre un codage écologique.

Objectifs du codage écologique

Le codage peut devenir plus écologique si nous adoptons un processus de développement similaire à celui d'il y a 20 ans, lorsque le codage était limité en termes de taille et de longueur.

Avec l'utilisation croissante de bibliothèques et de frameworks, la capacité des programmeurs à écrire du code moins raffiné ou plus long est devenue illimitée.

Bien que ces techniques profitent à l'ère de la numérisation, elles peuvent également être néfastes.

L'utilisation massive de frameworks et de bibliothèques peut dégrader la qualité d'un logiciel. Si un logiciel doit lire un code plus long pour traiter une requête, cela entraînera des émissions élevées.

L'heure est venue d'adopter un codage écologique pour préserver notre environnement.

L'objectif principal du codage écologique est de trouver un équilibre entre consommation énergétique et qualité de la programmation.

Les applications modernes sont souvent déployées sur le cloud. La croissance exponentielle des services cloud s'est traduite par l'expansion de centres de données énergivores.

Des efforts sont donc déployés pour se concentrer sur le codage écologique, afin de réduire les émissions carbone et d'optimiser le matériel. Ces techniques sont utiles pour résoudre le problème, et des interventions logicielles durables peuvent aider à économiser de l'énergie.

Quels sont les trois piliers du codage écologique ?

Le codage écologique repose sur trois piliers qui régissent l'écriture, le développement et l'exécution du code :

  • Le premier pilier concerne l'efficacité énergétique du code lui-même : est-il optimisé en termes de consommation énergétique ?
  • Le deuxième pilier porte sur le processus de création du code : le cycle de développement est-il efficace et un code similaire pourrait-il être généré avec moins d'énergie ?
  • Le troisième pilier se concentre sur l'endroit où le logiciel est exploité : est-il nécessaire de consommer plus d'énergie pour son exécution ?

Ces questions aident les développeurs à comprendre comment gérer le codage pour un environnement plus vert.

Les trois piliers du codage écologique sont donc :

Une logique plus verte

Chaque décision compte dans le codage écologique. Une optimisation unique peut avoir un impact significatif sur l'environnement. Pour cela, l'organisation peut se concentrer sur :

  • Un code zéro déchet
  • La fréquence d'utilisation
  • La proximité
  • Des ressources à faible empreinte
  • Un contenu visuel axé sur les avantages

Méthodologie plus verte

Les méthodes Lean et Agile facilitent les pratiques du codage écologique tout au long du développement logiciel. L'intégration continue et la livraison continue ont un impact sur le cycle de vie du développement.

Au cœur des logiciels durables, le codage écologique est largement disponible et contribue à la réduction des émissions carbone.

Plateforme plus verte

Pour une efficacité énergétique maximale, les organisations appliquent un code écologique à leur plateforme de développement, selon trois méthodes :

  • Une utilisation optimale, résultant d'une estimation correcte lors de la planification et de la compression des lignes de code nécessaires
  • Un paramétrage précis
  • Des métriques holistiques

Ces trois piliers permettent d'écrire facilement des codes écologiques.

Quels langages de programmation sont les plus économes en énergie ?

L'efficacité énergétique ne dépend pas seulement du matériel, mais aussi des logiciels, notamment du langage de programmation utilisé.

Si vous souhaitez mettre en œuvre un codage écologique, il faut tenir compte de l'efficacité énergétique du langage de programmation.

L'efficacité d'un langage de programmation dépend de plusieurs facteurs : l'énergie, la mémoire et le temps qu'il consomme pour son exécution. L'efficacité peut être améliorée avec la qualité des machines virtuelles, des compilateurs, des bibliothèques optimisées et un meilleur code source.

Aujourd'hui, ingénieurs, développeurs et chercheurs s'efforcent de rendre le codage aussi écologique que possible. Une équipe de chercheurs portugais a étudié les 27 langages de programmation les plus utilisés pour déterminer leur efficacité : un langage de programmation plus rapide est-il plus efficace ou plus écologique ?

Les chercheurs ont testé tous ces langages en exécutant ou en compilant des programmes à l'aide de machines virtuelles, de compilateurs, de bibliothèques et d'interpréteurs. Ils ont ensuite analysé l'efficacité de chaque langage en fonction de la consommation d'énergie, du temps d'exécution et de l'utilisation de la mémoire.

Les 5 langages de programmation les plus économes en énergie qu'ils ont trouvés étaient :

C Rust C++ Pascal Fortran

Ils ont également constaté que les langages de programmation plus rapides ne sont pas toujours les plus économes en énergie. Alors que Java se classe bien en termes d'efficacité énergétique et de vitesse, Python, Perl et Ruby sont parmi les langages les moins efficaces.

Meilleures pratiques pour économiser l'énergie et réduire les émissions

Les entreprises cherchent à réduire l'impact environnemental des émissions carbone. Éteindre et débrancher les ordinateurs ou appareils peut économiser énormément d'énergie. En mettant en œuvre certaines pratiques informatiques, la consommation d'énergie peut être réduite de 17 à 74 %.

Voici quelques mesures que les organisations de transformation numérique et les sociétés d'ingénierie logicielle peuvent prendre pour minimiser les émissions et promouvoir une informatique durable :

  • Réduction de la taille : la taille des fichiers (images, texte, vidéo) peut être réduite avec des logiciels de compression, favorisant une navigation plus rapide, une consommation énergétique réduite et une meilleure expérience utilisateur.
  • Hiérarchisation : les développeurs de sites web doivent connaître la hiérarchisation des médias de haute qualité pour préserver la qualité des programmes et des applications.
  • Réduire les lignes de codage : le codage écologique réduit les lignes de codage. Au lieu d'utiliser des bibliothèques et des frameworks (entraînant de grands codes), on peut privilégier le codage manuel. Cela réduira les émissions et améliorera la qualité du code.
  • Utilisation appropriée de l'espace : maximiser l'espace du centre de données minimise les coûts de refroidissement et d'énergie.
  • Relocalisation des serveurs : relocaliser les serveurs dans des climats plus froids peut réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) de 8 %.
  • Mise en œuvre des meilleures pratiques du centre de données : ces pratiques sont :
  • Focus sur le refroidissement de l'air extérieur
  • Automatisation du contrôle de la sécurité, du refroidissement et de l'éclairage.
  • Refroidir selon les besoins (un refroidissement excessif entraîne une perte d'énergie).
  • Séparer les allées en fonction des températures (froides et chaudes).
  • L'efficacité de l'utilisation de l'alimentation doit être de 1,2 ou moins.
  • Supprimer les serveurs "zombies" (inactifs, mais toujours branchés).
  • Migration vers le cloud : le cloud est plus efficace en termes de mise à l'échelle et de rentabilité.
  • Utilisation d'une informatique puissante : les systèmes hérités nécessitent plus d'énergie et génèrent plus de chaleur, nécessitant un refroidissement supplémentaire. Des outils peuvent identifier et libérer les systèmes inutiles.
  • Utilisation d'ordinateurs économes en énergie : les géants de l'informatique doivent utiliser des systèmes économes en énergie. Permettez à vos équipes de choisir leur méthode de codage, au lieu de rendre le processus plus difficile et énergivore.

Les pratiques informatiques durables ne sont pas les seules voies à suivre pour les entreprises. Les particuliers peuvent aussi participer à la réduction de l'énergie dépensée sur les appareils :

  • Mettre l'ordinateur en veille lorsqu'il n'est pas utilisé, au lieu de le laisser en mode "veille".
  • Mettre à niveau vers des barrettes d'alimentation intelligentes pour réduire l'énergie "vampire" consommée par les appareils.
  • Partager les imprimantes pour le travail nécessaire.
  • Le travail à distance réduit également les émissions de gaz à effet de serre (moins d'infrastructure et de maintenance).

Étapes vers le codage écologique

Le codage écologique est une solution pour réduire les émissions carbone, un engagement envers notre planète et notre santé. C'est une idée émergente, et de nombreuses organisations travaillent à développer les meilleures pratiques de codage écologique.

Voici comment les entreprises et les géants de l'informatique progressent vers un codage écologique :

  • Former les ingénieurs informatiques au codage écologique pour améliorer la qualité du code et sensibiliser à son importance. Cela encouragera les développeurs à travailler avec plus de précision pour minimiser les lignes de code.
  • Encourager les développeurs à adopter un code écologique grâce au développement des compétences et à l'innovation (par exemple, en incitant les développeurs).
  • Intégrer une culture et une mentalité d'efficacité dans l'entreprise en en faisant une partie de l'ADN de l'organisation, en permettant aux développeurs de concevoir des codes selon les besoins.
  • Élaborer une stratégie durable pour toute l'équipe, en donnant de la flexibilité dans le codage grâce aux ressources nécessaires.

Conclusion

Chaque entreprise doit s'efforcer de préserver l'environnement en se concentrant sur des pratiques plus écologiques pour réduire les émissions d'énergie. Le codage écologique est un pas important vers la conservation de l'environnement qui doit être adopté à plus grande échelle.

Pour réduire les émissions carbone, il faut essayer de réduire les lignes de code et minimiser l'utilisation de bibliothèques et de frameworks, qui ajoutent des lignes de code inutiles et consomment beaucoup d'énergie.

Mettez en œuvre le codage écologique et encouragez employés, clients et autres secteurs à adopter des pratiques durables pour contribuer à une informatique durable et préserver l'environnement des effets nocifs des émissions.

Vous pouvez aussi consulter une introduction à l'informatique verte.

Auteur
France

Rédacteur tech, guides pratiques et astuces numériques.