2023-10-05 13:10 Temps de lecture : 24 min

Est-il le gardien ultime de votre confidentialité en ligne ?

Une analyse concrète d'AtlasVPN, mettant en lumière ses fonctionnalités et ses performances réelles.

Autrefois marginal, le contexte actuel des menaces informatiques a propulsé les VPN au rang d'outil indispensable pour les utilisateurs d'internet avertis, surtout lorsqu'ils se connectent à divers réseaux.

Ils sont devenus essentiels pour quiconque navigue dans des zones WiFi publiques ou gratuites, que ce soit dans des hôtels, aéroports, universités ou cafés. On trouve une multitude de réseaux improvisés portant des noms trompeurs comme "WiFi gratuit", où les gens se connectent en toute confiance, pensant qu'il s'agit d'un point d'accès légitime.

Or, il s'agit souvent d'un piège tendu par un fraudeur assis avec un ordinateur portable, voire un simple smartphone. Les utilisateurs se connectent, exposant leurs activités web aux escrocs, y compris leurs identifiants de connexion ou numéros de carte bancaire, selon les sites web qu'ils visitent durant cette session internet.

Un VPN est la solution à cette anarchie numérique.

En résumé, un VPN performant protège vos activités en ligne des regards indiscrets, qu'il s'agisse de votre FAI, des autorités gouvernementales ou de pirates informatiques. Ces outils transforment les données (texte clair) en une forme incompréhensible (texte chiffré) à l'aide de protocoles VPN avancés.

Bien que le processus soit hautement technique, l'utilisateur n'a qu'à choisir un emplacement de serveur et cliquer sur "connexion".

Néanmoins, certains critères permettent de juger si un VPN répond à ses promesses. Passons l'offre premium gratuite d'AtlasVPN au crible.

AtlasVPN : un aperçu

Créé en 2019, AtlasVPN est un acteur relativement récent dans le secteur. Après son lancement en 2021, il a fusionné avec Nord Security, s'associant ainsi avec d'autres outils de cybersécurité comme NordVPN, Surfshark, NordPass, etc.

Au premier coup d'œil, sa liste de fonctionnalités est prometteuse. En voici quelques-unes notables :

  • Réseau mondial de serveurs : plus de 1000 serveurs répartis dans plus de 49 emplacements
  • Kill switch : désactive la connexion internet en cas de défaillance du chiffrement VPN
  • Politique de non-journalisation : l'activité en ligne des utilisateurs n'est pas traçable
  • Serveurs optimisés pour le streaming : expérience sans mise en mémoire tampon
  • Connexions simultanées illimitées : un seul abonnement pour tous vos appareils
  • Rotation automatique d'adresses IP (SafeSwap) : attribution de nouvelles adresses IP pour renforcer l'anonymat
  • Bloqueur de logiciels malveillants (module complémentaire) : bloque les traqueurs publicitaires et les contenus malveillants
  • Split-tunneling (Android) : permet d'utiliser le chiffrement VPN de manière sélective
  • Multihop avancé : sélection aléatoire du serveur VPN de sortie
  • Secret de transfert parfait : renouvellement des clés de chiffrement pour chaque session VPN isolée
  • Chiffrement AES-256 et ChaCha20 : algorithmes de chiffrement de pointe
  • Présence multiplateforme : applications pour Windows, macOS, Linux, Android, iOS, AndroidTV et Amazon Fire TV

Il couvre la plupart des éléments de sécurité essentiels au quotidien. Cependant, il serait souhaitable de voir le split-tunneling disponible sur toutes les plateformes, et pas seulement Android. De plus, l'intégration de Tor sur VPN serait un atout majeur.

Enfin, l'obscurcissement du serveur, qui masque le trafic VPN en le faisant passer pour une activité web normale, éviterait les blocages et serait très utile dans les pays où internet est censuré.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, il est important de souligner qu'AtlasVPN est basé à New York, aux États-Unis, et fait partie d'alliances de surveillance telles que Five, Nine et Fourteen Eyes.

Idéalement, ce n'est pas ce que préfèrent les défenseurs de la vie privée.

Dans le passé, des gouvernements de ces pays ont forcé des VPN basés sur leur territoire à collecter des données sur leurs utilisateurs, ce qui a parfois conduit à des poursuites pénales. Toutefois, si vous êtes un utilisateur lambda souhaitant sécuriser vos sessions WiFi publiques, AtlasVPN pourrait être une option intéressante (nous le vérifierons).

Si ce point vous convient, passons aux sections suivantes où nous mettons à l'épreuve l'application Windows d'AtlasVPN.

L'inscription se fait via une adresse email et le paiement peut être effectué par carte, Paypal, Google Pay ou cryptomonnaies.

J'ai opté pour l'abonnement mensuel, sans les modules complémentaires (bloqueur de publicité et de logiciels malveillants et moniteur de violations de données), qui auraient ajouté 4,99 $ à la facture finale.

Enfin, j'ai téléchargé l'application Windows et je me suis connecté à l'aide de l'adresse email d'inscription.

Interface utilisateur d'AtlasVPN

L'interface utilisateur est épurée. La liste des serveurs peut être parcourue et une connexion peut être établie en un clic. Les connexions récentes sont affichées, ce qui est pratique.

L'ajout de serveurs favoris aurait été un plus. De même, l'affichage du pourcentage de charge des serveurs pour identifier les moins encombrés, aurait permis d'optimiser les vitesses.

AtlasVPN se démarque par sa fonction permettant de suspendre une connexion VPN.

Cette fonctionnalité est inédite et constitue un ajout appréciable d'AtlasVPN.

Dans l'ensemble, l'interface est intuitive ; même les utilisateurs novices s'y retrouveront facilement. Cela dit, l'ajout de fonctionnalités plus avancées dans les futures mises à jour serait le bienvenu.

Fonctionnalités d'AtlasVPN

#1. Antidémarreur

AtlasVPN propose un kill switch passif, qui interrompt l'activité internet en cas de problème avec la connexion VPN.

Cependant, il ne couvre pas les cas où un utilisateur se déconnecte involontairement, ce qui nécessiterait un kill switch actif.

Bien qu'il remplisse sa fonction, une flexibilité accrue permettant de désactiver l'accès internet en cas d'absence de connexion VPN serait appréciable.

#2. Protocoles

Les protocoles sont les moteurs des applications VPN. En d'autres termes, ces clients ne sont qu'une interface graphique pour utiliser les algorithmes sous-jacents proposés par des protocoles spécifiques.

La liste des protocoles d'AtlasVPN est succincte, avec seulement deux options : WireGuard et IPsec/IKEv2.

WireGuard est l'un des protocoles les plus récents et les plus prisés en raison de ses vitesses de réseau supérieures. De plus, sa base de code légère facilite les audits de sécurité.

Certains fournisseurs VPN de premier plan modifient WireGuard, mais il n'est pas indiqué sur le site web si AtlasVPN a apporté des modifications à la configuration WireGuard par défaut ou s'il l'utilise telle quelle.

Leur support a rapidement levé le doute :

Le second protocole, IPSec/IKEv2, est rapide et permet des migrations de connexion rapides entre les réseaux cellulaires et WiFi. Cependant, il est développé conjointement par Microsoft et Cisco en tant que projet à source fermée, ce qui peut susciter des interrogations quant à ses critères de confidentialité.

Par ailleurs, j'ai été surpris de ne pas voir OpenVPN dans cette liste. OpenVPN est le protocole le plus éprouvé et proposé par tous les fournisseurs de VPN majeurs. Il est également plus efficace pour contourner les restrictions géographiques.

Dans l'ensemble, l'offre de protocoles d'AtlasVPN est correcte, mais l'ajout d'OpenVPN la rendrait encore plus attrayante.

#3. SafeSwap et MultiHop+

SafeSwap change automatiquement les adresses IP tout au long d'une session en ligne pour renforcer la confidentialité. Cela offre une protection supplémentaire, car votre activité internet n'est pas liée à une seule, mais à plusieurs adresses IP anonymes.

Actuellement, AtlasVPN propose des serveurs SafeSwap aux Pays-Bas, à Singapour et aux États-Unis.

MultiHop est une autre fonctionnalité axée sur la protection de la vie privée qui permet de chiffrer le trafic web deux fois. Les données sont acheminées via deux serveurs VPN, contrairement à un seul serveur VPN dans les connexions standard.

AtlasVPN Multihop+ est une amélioration par rapport au système multihop traditionnel. Il choisit aléatoirement le serveur de sortie et le fait pivoter pour une efficacité accrue. Vous pouvez choisir entre les serveurs d'Europe et d'Amérique du Nord pour utiliser Multihop+.

Remarque : l'utilisation de serveurs multihop peut impacter les vitesses de réseau en raison de la couche de chiffrement supplémentaire.

#4. Test de fuite IP et DNS

Chaque appareil connecté à internet possède une adresse IP. Il s'agit d'un identifiant numérique permettant de connaître l'emplacement approximatif de n'importe quel appareil. C'est donc la première chose qu'un VPN est censé masquer.

Je me suis connecté à Browser Leaks pour vérifier si ma connexion VPN actuelle présentait des fuites.

AtlasVPN s'est bien comporté et a tout masqué. Les champs IPv4 et IPv6 affichent les informations d'identification du serveur VPN et non les miennes.

De même, les fuites WebRTC ont également été couvertes.

Ensuite, j'ai vérifié d'éventuelles fuites DNS. Pour faire simple, les serveurs DNS sont les intermédiaires qui associent les adresses IP aux noms de domaine.

À lire également : Qu'est-ce que le système de noms de domaine ? Comment ça marche ?

Chaque fois que nous visitons un site web (par exemple toptips.fr.com), une requête (requête DNS) est envoyée au serveur DNS, qui renvoie l'adresse IP associée (par exemple, 87.24.114.245). Cette adresse IP de sortie est utilisée par nos machines pour charger le site web en question dans le navigateur.

AtlasVPN n'a autorisé aucune fuite DNS pour le serveur connecté.

Dans l'ensemble, il n'y a eu aucun problème de fuite IP et DNS, et AtlasVPN a respecté les exigences de base en matière de confidentialité.

#5. Chiffrement

En pratique, nos machines envoient et reçoivent des informations sous forme de paquets de données. Certains sont chiffrés par défaut, sans intervention de l'utilisateur.

Cependant, certains sont dépourvus de protection et révèlent notre adresse IP, système d'exploitation, agent de navigation, etc., en plus des sites web visités.

De plus, les requêtes DNS peuvent être interceptées.

Les VPN utilisent le chiffrement pour pallier cette fuite d'informations.

Je me suis connecté au serveur AtlasVPN de Singapour et j'ai analysé le trafic via l'outil d'analyse de réseau Wireshark.

Voici le chiffrement en action :

Le paramètre "Auto" était activé dans les options de protocole, ce qui a envoyé chaque paquet via WireGuard. Tout a été chiffré sauf mon adresse IPv6.

Il s'agit d'un problème récurrent que j'ai constaté même chez les meilleurs fournisseurs, malgré leur annonce de prise en charge d'IPv6.

Dans ce cas, vous pouvez simplement désactiver votre adresse IPv6. Il faut toutefois noter que vous ne pourrez accéder à rien qui se connecte uniquement aux adresses IPv6. Cependant, la probabilité d'un tel événement est faible, IPv4 restant la version dominante en pratique.

Ceci conclut la section sur le chiffrement. En fin de compte, il faut se soucier de l'adresse IPv6 (si vous en avez une), et AtlasVPN remplit son rôle.

#6. Test de vitesse

Il est d'usage d'inclure des tests de vitesse dans les avis sur les VPN. Toutefois, il s'agit de l'information la plus incohérente que l'on puisse trouver. Plusieurs raisons expliquent cela. Premièrement, la charge du serveur VPN varie. Deuxièmement, la charge du serveur cible (le site web visité) fluctue également. Enfin, de nombreuses configurations matérielles et logicielles influencent les vitesses que nous obtenons au final.

Voyons tout de même ce que cela donne dans mon cas, même si les résultats peuvent être totalement différents pour d'autres utilisateurs.

ServeurVitesse de téléchargement (Mbps)Vitesse de téléversement (Mbps)Distance approximative (km)
Base8341,50
Londres37,55,56 700
Hong Kong41,56,54 000
Singapour4258 600
Australie42,55,58 400
Autriche454,55 700
SafeSwap. Singapour3868 600
Multihop. Europe35.55NA
Multihop. Amérique du Nord422NA

Ces résultats sont la moyenne de deux essais pour chaque emplacement de serveur. De plus, j'ai effectué l'ensemble du test de vitesse en une seule fois pour une meilleure cohérence.

La distance a un impact négatif inévitable sur les vitesses, mais celles en téléchargement ont eu un peu trop de difficultés.

À titre informatif, Netflix recommande des vitesses de téléchargement de 15 Mbps ou plus pour le streaming UHD 4K. De même, YouTube suggère une vitesse supérieure à 8 Mbps pour les téléchargements 1080p.

Alternatives à Atlas VPN

Voici quelques options que vous pouvez envisager en plus d'AtlasVPN. N'oubliez pas que toutes ces options offrent des fonctionnalités de base telles que le kill switch, le tunneling fractionné, la garantie de remboursement de 30 jours, et plus encore.

Par conséquent, je ne mentionnerai que les fonctionnalités les moins courantes.

#1. ExpressVPN

Nous avons testé ExpressVPN sur toptips.fr, et il s'est avéré performant sur presque tous les points d'intérêt pour le consommateur, à une exception près : son prix, le plus élevé du marché.

Mis à part cet aspect, il offre des vitesses ultra-rapides, une interface utilisateur intuitive, des mécanismes de déblocage géographique efficaces, des serveurs RAM uniquement et une assistance 24h/24 et 7j/7. De plus, ExpressVPN possède un réseau mondial de serveurs dans plus de 90 pays.

Les points à améliorer seraient l'obscurcissement du serveur, Tor sur VPN et le multihop.

Consultez mon avis sur ExpressVPN pour une analyse approfondie.

#2. NordVPN

NordVPN est une alternative intéressante à AtlasVPN, appartenant à la même famille Nord Security.

Il propose une liste complète de fonctionnalités, comprenant un réseau mondial de serveurs, un bloqueur de publicités et de logiciels malveillants, une adresse IP dédiée, un double VPN, un DNS privé, SmartDNS, Tor sur VPN, etc.

De plus, NordVPN offre un obscurcissement des serveurs pour contourner les blocages géographiques dans les pays où internet est censuré. En outre, vous bénéficiez de Tor via VPN pour un niveau de confidentialité optimal.

Dans l'ensemble, NordVPN ne laisse que peu de place à l'insatisfaction et est régulièrement mentionné sur toptips.fr.

#3. VPN Surfshark

Surfshark VPN, également membre de la famille Nord Security, propose des connexions illimitées par abonnement, à l'instar d'AtlasVPN.

Surfshark remplit bien les fonctions de base et propose des fonctionnalités supplémentaires comme les bloqueurs de publicités et de logiciels malveillants, un DNS privé, l'obscurcissement du serveur, etc.

En outre, il offre des serveurs RAM uniquement, une adresse IP rotative, une IP multihop et une IP statique.

Enfin, Surfshark propose une gamme de produits en plus de son VPN, parmi lesquels un antivirus, un moniteur du dark web et une recherche web privée.

Pour en savoir plus, consultez notre article pratique sur Surfshark One.

#4. ProtonVPN

Mon préféré, ProtonVPN, offre une liste impressionnante de fonctionnalités pour tous les utilisateurs de VPN.

Un abonnement gratuit, avec certaines limitations, est disponible pour tester l'application avant de s'engager.

Il inclut un blocage intégré des logiciels malveillants et des publicités, un double VPN, Tor sur VPN, un obscurcissement du serveur, une excellente interface utilisateur, et bien plus. De plus, les applications ProtonVPN (Windows, macOS, iOS et Android) sont open source et ont été auditées par des organismes de sécurité tiers.

ProtonVPN est également particulièrement efficace pour accéder à du contenu géo-verrouillé.

Vous trouverez plus d'informations dans notre analyse détaillée de ProtonVPN.

Dernières réflexions

AtlasVPN est l'un des rares VPN à proposer une version gratuite généreuse, avec 5 Go de transfert de données chiffrées par mois. De plus, les abonnements payants ne limitent pas le nombre d'appareils connectés.

Cependant, le protocole OpenVPN est absent et les débits réseaux ont été plus affectés qu'avec ses concurrents.

En optant pour un abonnement de 3 ans, le prix tombe à 1,83 $ par mois (au moment de la rédaction).

Si vous hésitez encore, prenez en compte les facteurs à considérer lors de l'achat d'un VPN.

Auteur
France

Rédacteur tech, guides pratiques et astuces numériques.