Comment repérer les DeepFakes en 2023
Identifier les deepfakes n'est pas une tâche aisée, et cela devient de plus en plus ardu à chaque instant.
La technologie a toujours présenté deux facettes. Elle offre des avancées bénéfiques, mais aussi des outils susceptibles d'être utilisés à des fins néfastes.
Bien que ces propos puissent sembler empreints d'une certaine poésie, ils reflètent une réalité frappante lorsqu'on parle d'intelligence artificielle (IA).
Les deepfakes sont une application de l'IA qui permet de générer des vidéos, des images et des enregistrements audio d'un réalisme confondant, à tel point qu'il est souvent nécessaire de faire appel à des compétences pointues pour les distinguer de l'authentique.
Qu'entend-on par deepfakes ?
En termes simples, il s'agit de faux contenus médiatiques créés à l'aide d'applications disponibles sur ordinateur ou smartphone. Ces applications exploitent des algorithmes spécifiques pour remplacer des éléments d'une source originale par d'autres, de la manière suivante :
Observez le niveau de réalisme atteint.
L'objectif est souvent de tromper ou de divertir le public avec ces créations synthétiques.
Si, il y a quelque temps, il était difficile de produire des vidéos d'une telle qualité, il suffit désormais d'une carte graphique performante et de quelques jours de travail pour y parvenir.
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Toutefois, il ne suffit pas de cela pour impressionner avec le clonage de voix, les expressions et d'autres aspects.
Cependant, cette tâche devient de plus en plus accessible, grâce à l'amélioration des algorithmes sur du matériel moins coûteux et aux progrès de l'informatique de pointe.
En conclusion, il faut s'attendre à les voir se multiplier.
Par conséquent, en étant conscients des potentielles dérives dangereuses, il est crucial de rester vigilant afin de distinguer le vrai du faux.
Comment identifier les deepfakes ?
Tous les deepfakes ne se valent pas. C'est pourquoi, il n'existe pas de méthode universelle. Certains présentent des signes évidents de manipulation, tandis que d'autres exigent une observation minutieuse, voire le recours à d'autres outils d'IA pour les détecter.
Teint
C'est l'un des premiers éléments à examiner. La zone modifiée, généralement le visage, peut présenter de légères variations de couleur de peau, entraînant un décalage avec le reste du corps.

L'image de gauche provient d'une fausse vidéo du président ukrainien, M. Volodymyr Zelensky, où il appelait ses troupes et son peuple à se rendre à la Russie.
Heureusement, cette tentative de manipulation grossière n'a trompé personne et a été immédiatement qualifiée de deepfake.
Expressions
C'est un indice majeur, particulièrement lorsque des amateurs s'essayent à la création de deepfakes. Leurs productions de faible qualité présentent souvent des mouvements de lèvres non naturels, dépourvus des pauses caractéristiques d'une personne réelle, permettant de les identifier comme des faux.

Cependant, certains algorithmes simulent désormais les pauses respiratoires. Il est néanmoins possible de repérer des arrêts et des mouvements de tête répétitifs, qui suivent des schémas trop mécaniques pour être naturels.
De même, le clignement des yeux est un autre facteur qui révèle les deepfakes. Il suit des cycles prédéfinis, codés dans les algorithmes, ce qui le rend moins naturel qu'un clignement humain observé dans une vidéo authentique de la même personne.
Le mouvement des globes oculaires peut également être révélateur. L'IA, machine dépourvue d'émotions et de distractions, apparaît souvent plus concentrée qu'un être humain lorsqu'elle parle.
En résumé, les deepfakes sont plus faciles à détecter, à moins qu'ils ne soient presque parfaits, comme celui-ci.

Retouches
Alors, comment faire la différence avec le vrai Morgan Freeman ?
La qualité exceptionnelle de la vidéo précédente est un atout. En la visionnant à la résolution maximale (4k si disponible), il devient plus aisé de repérer des éléments artificiels.
Plus l'écran est grand, mieux c'est. Vous pouvez également faire une capture d'écran et zoomer pour vérifier si des retouches informatiques sont apparentes.

Percevez-vous la peau retouchée ? C'est là que les algorithmes échouent, malgré leur sophistication, dans la reproduction des détails les plus subtils.
La texture de la peau semble inégale, et les poils du visage (et de la tête) ne semblent pas naturels, donnant l'impression d'avoir été collés.
Cela vous permettra d'analyser plus finement les points suivants :

On peut nettement distinguer la peau synthétique, particulièrement visible autour de la moustache, de la barbe et des racines des cheveux.
Le menton, les sourcils, le visage (le vrai est plus fin), le nez, etc., comparés à ceux du vrai (à droite), révèlent des différences flagrantes.
Encore une fois, la comparaison côte à côte permet de discerner facilement le faux du vrai.
Détails
Beaucoup d'éléments entrent en jeu lorsque nous parlons. Chacun a un style particulier, qui entraîne des mouvements spécifiques des lèvres, de la langue, du menton, des joues, etc.
La technologie deepfake ne maîtrise pas encore la reproduction de l'intérieur de la bouche lors de la parole. Ainsi, dans le deepfake d'Obama, il est impossible de distinguer les dents inférieures (mandibulaires).
On observe uniquement une bande blanche en bas de la bouche, sans aucune indication de mouvement de la langue.

En visionnant n'importe quelle vidéo authentique d'Obama, on constate que l'homme est beaucoup plus expressif et que ses mouvements faciaux sont bien plus nuancés que dans cette réplique créée par l'IA.
De plus, la qualité de la vidéo en elle-même est médiocre. Elle est compressée, soit pour dissimuler la manipulation, soit en raison de limitations techniques.
Transitions
L'une des limites des deepfakes est leur génération image par image. Chaque image doit être vérifiée pour un masquage parfait, afin de préserver l'illusion.
C'est pour cette raison que les vidéos deepfake les plus convaincantes sont limitées dans les mouvements du visage. Elles montrent généralement des vues frontales, car les transitions d'un côté à l'autre peuvent révéler les faiblesses de la création.
Voici un autre exemple, issu d'un deepfake de Tom Cruise :

En ralentissant la vidéo et en observant attentivement la séquence entre 35 et 40 secondes, on peut noter des zones floues lors des transitions latérales vers la vue frontale.
Il s'agit sans doute des parties les plus difficiles à dissimuler et des meilleures pistes pour détecter de telles créations de l'IA.
Voici donc quelques éléments qui peuvent vous aider à identifier les deepfakes et à limiter la désinformation. Pour récapituler :
1. Vérifiez les variations de teint de peau. 2. Recherchez une synchronisation labiale non naturelle, robotique, des clignements d'yeux inhabituels, etc. 3. Zoomez pour vérifier si la texture de la peau, la reproduction des cheveux, etc., sont fidèles à la réalité. 4. Comparez les expressions faciales et le style de conversation avec des vidéos authentiques. 5. Vérifiez si des versions de haute qualité sont disponibles. 6. Faites une recherche rapide sur Google pour voir si le contenu a été identifié comme un faux. 7. Faites attention aux dimensions du visage et comparez-les avec celles du vrai. 8. Ralentissez la vidéo pour détecter des transitions imparfaites.
Les deepfakes ne sont pas parfaits !
Bien que nous ayons principalement abordé les deepfakes vidéo, les enregistrements audio créés par l'IA souffrent de limitations similaires. Bien que les machines s'améliorent constamment, elles auront toujours du retard par rapport au vivant.
Cependant, l'apprentissage n'est pas complet sans la mise en pratique. C'est pourquoi nous avons créé ce guide sur la nature et la création des deepfakes.